Le jour où j’ai bu un verre dans un pub hanté 1/2

Illustration de Antonin Briand (Heyton’ studio)

Par Aya Gogishvili

 

Les draps ont été inventés pour que les fantômes ne sortent pas tout nus le soir.” Pierre-Dominique Burgaud 

Londres fait partie des villes qui m’ont toujours attirée. Autour d’elle gravite une partie essentielle de la culture anglo-saxonne, qui fait partie de celles dans lesquelles j’ai le plus baigné, comme beaucoup de monde. En 2013, j’étais donc ravie de partir quelques jours découvrir la ville avec un grand ami. A nous la statue de Peter Pan, la Maison de Sherlock Holmes, le théâtre de Shakespeare et les rues qui virent les meurtres de Jack L’Eventreur! Nous avons passé quelques jours sans nous arrêter de marcher, et je ne sais sincèrement pas combien de kilomètres nous avons parcouru. Nous voulions voir un maximum de choses pendant le temps qui nous était imparti. 

Parmi nos objectifs, nous comptions celui d’aller boire un verre dans un pub hanté. Il se raconte beaucoup d’histoires de fantômes en Angleterre, et Londres ne fait pas exception. Comme si cette terre était empreinte d’une énergie particulière, autour de laquelle gravitent plus volontiers les âmes errantes. Curieux, nous avons donc fait quelques recherches sur internet, avant de découvrir l’existence du Grenadier, sur lequel nous jetâmes notre dévolu. Situé à trois minutes de Hyde Park Corner, l’établissement est situé au sein des plus beaux quartiers de la capitale, comptant nombre d’ambassades diverses dans les environs. Il s’agit d’une ancienne taverne construite initialement en 1720. Elle servait de cantine aux célèbres Gardes de la Reine au premier étage, tandis que le rez-de-chaussée leur permettait de se détendre, jouer aux cartes et savourer quelques pintes. Aujourd’hui, c’est toujours un pub qui est connu pour être l’un des plus hantés de la capitale anglaise. 

Plusieurs chasseurs de fantômes sont venus enquêter au sein de ces murs, et des articles de journaux parlant des manifestations surnaturelles liées au Grenadier sont placardés dans l’établissement. 

Parmi les légendes les plus célèbres, on raconte qu’un jeune soldat y aurait été pris en train de tricher aux cartes un soir. Ses camarades, furieux, l’auraient tellement frappé qu’il serait mort de ses blessures dans le bar. Il hanterait les lieux depuis, et le mois de septembre serait apparemment le moment le plus propice pour être témoin d’événements inexplicables. Plusieurs visiteurs ont rapporté avoir vu une forme humaine blanche, traversant silencieusement certaines pièces. Selon d’autres sources, comprenant celles d’anciens employés du bar, les objets disparaîtraient mystérieusement ou changeraient de place d’un jour à l’autre. Un froid glacial tomberait sans raison apparente à certains moments de la journée, dans certaines pièces particulièrement. Des pas sont souvent entendus, ainsi qu’un long gémissement provenant de la cave lorsqu’elle est vide. Des mains invisibles seraient capables de faire trembler les tables et les chaises. 

Bref, nous avons trouvé beaucoup de témoignages sur les différents sites parlant du Grenadier, ce qui suffit à nous décider : c’est là-bas que nous irions boire un verre! 

Le soir où nous nous mîmes en route, j’étais à la fois excitée et anxieuse : sujette à de nombreux ressentis, flashs et visions en tous genres depuis ma plus tendre enfance, des personnes versées dans le domaine du paranormal m’avaient dit à plusieurs reprises que j’étais une médium. Sans vraiment savoir ce que c’était à l’époque, ce terme m’a surtout amenée à faire beaucoup d’expériences que je ne reproduirais aujourd’hui pour rien au monde. J’ai avancé depuis avec le monde de l’invisible, et ma pratique actuelle ressemble très peu à celle qui était la mienne autrefois. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend, et j’étais à cette époque dans une période d’expérimentation qui ne m’apporta pas que de bonnes choses, loin de là. Et lors de ce voyage, j’étais curieuse de voir enfin ce qu’était un lieu hanté. De voir ce que ça faisait que d’aller dans un tel endroit. Il est très idiot de provoquer ce qu’on ne connaît pas, on donne le bâton pour se faire battre. Mais que voulez-vous. C’est en faisant des erreurs que l’on apprend, encore une fois. 

[A suivre…]

Pour retrouver le travail d’Antonin, rendez-vous sur son Instagram !

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