Carnets de voyage – La petite fille et l’apprentie Geisha


Voici venue l’année 2000. J’ai huit ans, en plein milieu de l’immense métropole qu’est Tokyo. Autour de moi, le monde est fait de buildings, de gens polis et de hiéroglyphes que je ne sais pas lire. Je sais que je suis au pays des pokémons à l’époque de la sortie de la première génération en France, et que les gens y sont très gentils. J’ai des jouets plein les poches, des histoires plein la tête, et un gros pikatchu jaune à la queue décousue toujours scotché sous mon bras.

Carnets de voyage – Un karaoke en plein air au cœur de Berlin


Quand la chanson s’est terminée, je me suis redressée en criant, en même temps que tous les gens assemblés là, pour lui faire une ovation digne d’une rock star. Parce que sans le savoir, ce jour-là, cette jeune femme ivre venu de l’autre bout du monde a rallumé quelque chose qui s’était éteint et qui brûle encore en moi à chaque fois que je prends un micro. Cette soif inextinguible de communion humaine, d’émotions, de son pur. Et même si j’ai longtemps regretté de ne pas avoir eu le courage de chanter ce jour-là, j’ai bon espoir d’y retourner un jour, et de hurler à pleins poumons ce « I love Rock’N roll » que j’ai depuis appris par cœur, me faisant la promesse secrète de ne plus jamais me dégonfler.

Voyages parallèles – Conjuration du Tatzelwurm, par la sueur, la Lune et le feu – Autriche, 2022


Dans les hauteurs d’Abtenau, aux premières lieues de l’Autriche en y entrant par l’ouest, se tient au solstice d’été le rassemblement du House of the Holy, ou Funkenflug. On y mélange la sueur, la Lune et le feu à 666 mètres d’altitude. Ce fut pour le conteur un voyage merveilleux au sens le plus conté du terme.
C’est une réunion sélective au sein d’une communauté ayant décidé, d’après les réceptions impressionnistes que le conteur en a saisi, d’exprimer tout au long de l’année les forces païennes et les arts sombres.
Et voilà le conteur parti pour un voyage héroïque.

Carnets de voyage – Un temple païen à Jérusalem


Lorsque je repense à Jérusalem, c’est d’abord le souvenir des chants du muezzin qui me revient, mêlé à celui des épices et du café à la cardamome, qui embaumaient les alentours des échoppes arabes. Ensuite, c’est l’atmosphère si particulière des rues du vieux Jérusalem que j’aime me remémorer. Cette ville recèle en son sein un mystère qui mêle humanité, histoire et religion. Et cette richesse y est palpable, presque organique, submergeant le profane lorsqu’il arpente ses petites rues biscornues. Ce labyrinthe de couleurs et de vieilles pierres, je l’ai aimé dès les premiers instants. Et je me souviens d’une journée où par hasard, Jérusalem m’a laissé entrevoir que la complexité de son mystère était bien plus profonde que je ne l’imaginais.